Isis en deuil agenouillée – bois stuqué et polychrome – période ptolémaïque – certificat d’authenticité.
Statuette égyptienne représentant Isis en deuil, agenouillée, en bois sculpté recouvert de stuc ou gesso et de polychromie, datée de la période ptolémaïque, IVe-Ier siècle av. J.-C., dimensions 30,5 × 9 × 11,5 cm. La déesse est représentée dans l’attitude rituelle de la lamentation : un genou posé au sol, une main portée au visage, l’autre posée sur le genou, coiffée de la couronne-trône qui permet son identification. Le dossier indique des pigments minéraux, notamment des ocres rouges, du bleu et du noir de carbone, une ancienne collection privée néerlandaise, une provenance européenne et un certificat d’authenticité.
La pièce appartient à l’un des langages les plus chargés de l’art funéraire égyptien tardif : le cycle osirien. Isis n’est pas seulement une divinité protectrice ; elle est celle qui pleure Osiris, rassemble symboliquement son corps, participe à sa régénération et garantit, par analogie, l’espoir de renaissance du défunt. Le Metropolitan Museum conserve une Mourning Isis de la période ptolémaïque, en bois, pâte et peinture, datée de 332-30 av. J.-C., où la déesse agenouillée lève la main devant le visage dans un geste de deuil. Le musée précise que de telles figures de déesses endeuillées pouvaient apparaître parmi les figures de bois des sépultures tardives et ptolémaïques, placées en relation avec le corps d’Osiris ou avec le sarcophage du défunt.
La valeur de l’exemplaire Antikarts tient à son format important, à la survivance de la polychromie et à la lisibilité du geste. À 30,5 cm, il dépasse le petit objet amulette et s’impose comme figure de présence. Le bois, le stuc et la peinture forment une technique fragile : les lacunes du gesso, les abrasions des arêtes, les usures pigmentaires et la matité ancienne ne doivent pas être neutralisées, car elles sont précisément les indices de la longue histoire matérielle d’un objet cultuel et funéraire.
Analyse & expertise
L’analyse de cette statuette doit d’abord distinguer trois niveaux : l’iconographie, la matière et la fonction. Iconographiquement, Isis est identifiable par sa coiffure en forme de trône, par sa posture agenouillée et par le geste de la main portée au visage. Matériellement, le bois sculpté recouvert de gesso et de pigments correspond aux techniques courantes des figures funéraires égyptiennes tardives, où la couleur donne vie à la surface autant qu’elle définit les attributs. Fonctionnellement, la figure s’inscrit dans le monde des objets accompagnant le mort, protégeant le passage et rejouant le modèle mythique d’Osiris.
Le geste du deuil est central. Dans l’imagerie osirienne, Isis et Nephthys peuvent encadrer le corps divin, l’accompagner, le pleurer et contribuer à son retour à la vie. Le Brooklyn Museum, à propos d’un fragment de cercueil montrant Isis en deuil, rappelle que la lamentation d’Isis et de Nephthys après le meurtre d’Osiris prépare sa renaissance magique, et que la présence de pleureuses dans le rituel funéraire renvoie à l’espérance de renaissance du défunt. Cette lecture éclaire directement la statuette : la main au visage n’est pas un simple effet expressif, mais un signe rituel.
Le matériau impose une attention particulière. Le bois égyptien ancien, souvent couvert de préparation blanche puis peint, peut conserver des strates fragiles : support organique, couche de préparation, pigments, salissures, dépôts, reprises anciennes éventuelles. Les éclats du stuc sur les arêtes et la survivance partielle des couleurs doivent être décrits avec précision, car ils témoignent à la fois de l’ancienneté et de l’usage funéraire. Une surface trop neuve, trop uniformément repeinte ou artificiellement brillante serait moins convaincante qu’une matière où la perte et la conservation dialoguent.
La taille de 30,5 cm renforce l’importance de l’objet. Beaucoup de figures funéraires en bois sont de format réduit ; ici, la hauteur donne à Isis une présence cérémonielle. Le corps agenouillé, le cou gracile, le visage aux yeux étirés, les restes de kohl et les pigments de la coiffure ou du vêtement composent une image où l’émotion religieuse est codifiée plutôt que psychologique. La tristesse d’Isis est une fonction cosmique : elle rend possible la régénération.
Caractéristiques techniques
Objet : statuette d’Isis en deuil. Culture : Égypte, période ptolémaïque. Datation : IVe-Ier siècle av. J.-C. Matériaux : bois sculpté, stuc / gesso, polychromie à pigments minéraux. Dimensions : 30,5 × 9 × 11,5 cm. Iconographie : Isis agenouillée, main droite portée au visage, main gauche posée sur le genou, coiffure en forme de trône. Couleurs indiquées : ocres rouges, bleu, noir de carbone et restes de polychromie. État : conservation ancienne avec lacunes de préparation, usures de surface, abrasions et survivance pigmentaire. Provenance indiquée : collections européennes, ancienne collection privée néerlandaise. Authenticité : certificat d’authenticité fourni. Référence Antikarts : YA-0101. Prix interne : 2 750 €. Prix Antikarts : 5 746 € TTC.
L’absence d’un rapport de laboratoire mentionné dans la fiche impose une méthode prudente : l’authenticité est ici appuyée par le certificat, la cohérence stylistique, la technique bois-gesso-polychromie et les comparaisons muséales, non par une analyse scientifique inventée. La fiche doit donc conserver exactement ce qui est documenté, sans ajouter une TL, une analyse de pigments ou une provenance non fournie.
Contexte historique
La période ptolémaïque, de 332 à 30 av. J.-C., est marquée par la domination d’une dynastie d’origine macédonienne sur un royaume profondément égyptien par ses institutions religieuses. L’art religieux y conjugue continuité pharaonique et adaptations hellénistiques. Isis devient alors l’une des divinités les plus puissantes du bassin méditerranéen : mère, magicienne, protectrice, épouse endeuillée et garante de renaissance.
Dans le cycle d’Osiris, la lamentation n’est pas une scène secondaire. Elle appartient à une théologie du passage : Osiris est mort, mais sa mort doit être rituellement transformée en régénération. Isis et Nephthys, pleureuses divines, encadrent cette transformation. Leur présence dans les tombes transpose la destinée d’Osiris vers le défunt humain, qui espère à son tour renaître dans l’au-delà.
Les figures en bois, stuc et peinture répondent à cette logique. Placées dans les sépultures, autour du cercueil, dans des chapelles ou associées à des ensembles funéraires, elles agissent comme présences protectrices. Leur polychromie n’est pas purement esthétique : elle active les attributs, renforce les signes d’identification et inscrit la divinité dans un régime visuel efficace.
Analyse formelle et matérielle de l’exemplaire
– Posture : agenouillement rituel, signe d’humilité et de participation au deuil osirien.
– Geste : main portée au visage, motif de lamentation identifié dans les parallèles ptolémaïques.
– Identification : couronne-trône d’Isis, attribut majeur permettant de distinguer la déesse dans le corpus.
– Support : bois sculpté, matériau organique exigeant une conservation attentive.
– Préparation : stuc ou gesso formant la couche de réception des pigments.
– Polychromie : ocres, bleu et noir de carbone, survivance essentielle pour la lecture rituelle.
– État : lacunes et abrasions cohérentes avec l’âge, particulièrement sur les arêtes et les zones exposées.
– Dimension : 30,5 cm, format important donnant à la figure une autorité visuelle supérieure.
– Traçabilité : ancienne collection privée néerlandaise et certificat d’authenticité, sans ajout documentaire non attesté.
Comparaisons muséales & recherche
Le parallèle le plus direct est la Mourning Isis du Metropolitan Museum, Ptolemaic Period, 332-30 BCE, bois, pâte et peinture, où Isis agenouillée lève la main devant le visage. Le Met relie ces figures aux représentations accompagnant le corps d’Osiris et aux figures de bois des sépultures tardives et ptolémaïques. Le Brooklyn Museum, avec son fragment de cercueil montrant Isis en deuil, confirme la relation entre les lamentations d’Isis et de Nephthys, la renaissance d’Osiris et l’espérance de renaissance du défunt.
Ces parallèles ne constituent pas une provenance. Ils installent le cadre iconographique : Isis endeuillée, geste de lamentation, matériau bois-peinture, fonction funéraire. L’exemplaire Antikarts se distingue par son format, sa survivance pigmentaire et sa lisibilité complète du geste, tandis que la méthode d’expertise reste prudente : observation matérielle, certificat fourni, comparaison muséale, absence d’invention scientifique.
Valeur culturelle & intérêt de collection
Cette Isis en deuil est une pièce forte parce qu’elle concentre l’un des gestes fondamentaux de la religion égyptienne : transformer la mort en possibilité de renaissance. Le collectionneur ne possède pas seulement une image de déesse ; il possède un fragment du théâtre rituel osirien, où la lamentation est efficace, protectrice et régénératrice.
La combinaison d’un grand format, d’une iconographie claire, d’un matériau noble et fragile, d’une polychromie conservée, d’une provenance européenne et d’un certificat rend la pièce particulièrement intéressante pour une collection d’égyptologie, d’art funéraire, de cultes isiaques ou de bois polychromes anciens. NB : Les éléments de présentation visibles sur les photographies ne sont pas inclus dans la vente, sauf mention contraire. Le certificat d’authenticité accompagne l’objet lorsqu’il est indiqué dans le dossier de vente.